DROGUERIE, QUINCAILLERIE

Une quincaillerie est un commerce au détail qui vend principalement des outils, du matériel de bricolage et des ustensiles ménagers. La droguerie, quant à elle, vend plusieurs marchandises. En effet, divers produits d’hygiènes et d’entretien peuvent y être vendus.

Un commerce d’autrefois | Quincaillerie Du Planty, Jeumont

par | Fév 21, 2021 | Droguerie, quincaillerie, Services | 0 commentaires

Les commerçants indépendants apportent plus que des produits : la vitalité dans un quartier mais aussi un lien étroit avec les clients. Le sens du contact humain m’a été transmis par mon grand-père maternel, André.

J’aimerais vous partager une partie de son histoire, celle dont se souviennent peut-être certains Jeumontois.

André a cogéré puis géré une quincaillerie à Jeumont, de 1953 à 1990. Il a aujourd’hui 92 ans et vit toujours dans sa maison du Nord de la France. J’ai profité d’un week-end chez lui pour l’interviewer sur la quincaillerie Du Planty.

Iciaya.fr : En quelle année a été créé la quincaillerie ?

André : Elle a été créée vers 1890 puis reprise une première fois vers 1910 avant d’être reprise par mon père Pierre, en 1923.

Iciaya.fr : Pourquoi ton père a-t-il choisi une quincaillerie et pas un autre commerce ?

André : Mon père, au moment où il aurait pu faire des études supérieures, a été envoyé à la guerre. Il a vécu de façon très simple dans l’armée pendant presque 4 ans et a été gravement blessé en 1918. C’est une des raisons pour lesquelles il a choisi la quincaillerie. Mon grand-père, était déjà commerçant, il était pharmacien.

Avant la guerre, mon père avait une petite dizaine d’employés dont deux comptables car à l’époque il n’y avait pas de machine à calculer. Mon père faisait de la vente en demi-gros pour les quincailleries de la région, en plus de la vente aux particuliers.

Iciaya.fr : Et toi, pourquoi as-tu décidé de rejoindre ton père puis de t’associer avec lui ?

André : J’étais en pension à Brétigny et il m’est arrivé de mettre 2 jours à revenir en train à Jeumont. C’est en partie pour cela que mon père m’a proposé d’arrêter mes études et de travailler avec lui. Je me suis tout de suite intéressé à la quincaillerie et mon père me faisait confiance.

Iciaya.fr : Quels produits venaient chercher les clients à cette époque à la quincaillerie ?

André : Les clients venaient chercher une serrure, des charnières, des outils, du grillage pour leurs poules, des produits ménagers courants comme des casseroles.

Iciaya.fr : Y avait-il d’autres quincailleries à Jeumont ?

André : Il y en avait une autre.

Iciaya.fr : En quoi la quincaillerie Du Planty était différente ?

André : Mon père était apprécié, il était à la fois réservé et convivial et notamment durant la guerre 39/45. 

Iciaya.fr : Comment faisiez-vous pour vous faire connaître ?

André : Les clients venaient d’eux-mêmes. Il n’y avait pas grand-chose après la guerre et le peu qu’on avait se vendait facilement. Par exemple, nous n’avions pas de réfrigérateur ou de congélateur mais un garde-manger avec de la toile moustiquaire.

J’ai eu de la chance car j’ai vécu les Trente Glorieuses. J’ai vu les progrès techniques et la croissance forte de la production industrielle, j’ai particulièrement bénéficié du développement de l’électro-ménager. Les manivelles furent par exemple remplacées pour des moteurs électriques. Vers 1960, nous vendions par centaines des appareils d’une célèbre marque : moulins à café électrique, hachoirs électriques, batteurs électriques, robots, sèche-cheveux, …

Iciaya.fr : Quand-tu as commencé a géré la quincaillerie tout seul en 1960, as-tu fait des modifications ?

André : Quand mon père m’a donné sa partie de la quincaillerie, j’ai commencé des travaux pour l’aménager de façon plus moderne.

Iciaya.fr : Qu’aimais-tu dans ce métier de commerçant ?

André : Le contact humain.

Iciaya.fr : Aujourd’hui, le paysage des commerces a changé, qu’observes-tu?

André : Beaucoup de petits commerces ont fermé, ceux qui restent dans les villages sont principalement les boulangeries, les pharmacies et les épiceries ; il n’y a plus de quincailleries. Il y a des supermarchés et des grandes surfaces spécialisées.

Ceci dit, les grands magasins qui étaient à l’extérieur reviennent petit à petit partiellement en ville parce que c’est plus facile d‘aller acheter une lampe ou une pince au quincailler ou au droguiste dans le coin que d’aller faire des déplacements importants pour aller dans une grande surface. Et puis, on y retrouve ce lien humain que l’on ne retrouve pas dans la grande distribution.

A travers ce témoignage, on ressent la force des petits commerces et leur résilience. Dans une société où pourtant le « sans contact » est plébiscité, c’est bien ces commerçants qui ne disparaîtront jamais, car l’Homme a toujours besoin de lien social, et de contact humain. C’est l’atout numéro 1 du commerce de proximité.  

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